crop woman writhing on couch

Avant Propos

Bienvenue pour le 23eme jour de mon challenge « 30 jours pour démystifier la périnatalité et la parentalité ». Aujourd’hui je vous parle d’un sujet un peu polémique : l’épisiotomie.
L’épisiotomie c’est une incision du périnée. Elle est pratiquée au moment de l’accouchement pour faciliter le passage du bébé.

Pourquoi l’épisiotomie ?

L’épisiotomie est utilisée pour éviter une grave déchirure. En effet, les déchirures graves ou complexes peuvent entrainer des problèmes en post-partum. Parmi ces problèmes, les plus connus sont l’incontinence urinaire ou anale et la lésion des muscles sphinctériens.

Auparavant, l’épisiotomie était pratiquée presque systématiquement sous prétexte qu’une déchirure naturelle était plus délicate à réparer qu’une épisiotomie. Aujourd’hui, aucune étude n’atteste ce constat, et la fréquence des épisiotomies est en constante diminution.

Dr Siham Zaytouni, gynécologue et obstétricienne à l’Hôpital Erasme

Les indications pour recourir à l’épisiotomie sont:
Des signes de souffrance fœtale qui vont nécessiter l’accélération de l’accouchement par injection d’ocytocine
Un besoin d’instrumentalisation par l’utilisation des forceps ou de la ventouse qui vont entrainer un risque de déchirures graves
Un trop gros bébé : pour favoriser son passage par les voies naturelles en évitant des déchirures trop importantes

Et après ?

La dessus, pas de différence avec une déchirure, quelques points suffisent à refermer la plaie.
Et après ? Après c’est douloureux les premiers jours. Les fils sont résorbables la plupart du temps donc aucun soin particulier n’est nécessaire si ce n’est une bonne hygiène intime. En 3 à 4 semaines, sans complications, la cicatrisation est complète. Mais la zone peut rester douloureuse encore quelques semaines.

En pratique

Comptez à peu près une semaine pour les brulures urinaires. Votre meilleur amie : la douchette des toilettes après les pauses pipi ! Appliquez une compresse d’eau froide après votre passage aux toilettes au lieu du papier, ça soulage. Ensuite, laissez bien sécher la zone à l’air libre avant de vous rhabiller. Signalez à votre sage-femme tout symptôme anormal : suintement, mauvaise odeur…

Polémique autour de l’épisiotomie

L’épisiotomie a commencé à être démocratisée dans les années 1920. C’est une pratique légale à partir du moment où elle est consentie. Et c’est là que le bas blesse. Selon le « Ciane » (Collectif inter associatif autour de la naissance), on ne demande le consentement aux femmes que dans 15% des cas.
Grâce aux réseaux sociaux, les langues se délient. C’est ce qui s’est passé pour l’épisiotomie où de nombreuses femmes ont commencé à témoigner.

Un risque de complications non négligeables

En effet, si l’épisiotomie a des avantages, il ne faut pas oublier que beaucoup de femmes restent mutilées après cette pratique. Une épisiotomie mal recousue peut provoquer une infection voire des douleurs chroniques. Beaucoup de femmes ont des difficultés avec leur image corporelle à tel point que la vie sexuelle peut être complètement chamboulée. Ces mutilations associées à l’absence de consentement classent l’épisiotomie tout droit dans le registre des violences obstétricales.

A ce jour

La pratique de l’épisiotomie est en baisse en France. En tout cas, de plus en plus de maternités reviennent à des techniques plus physiologiques de l’accouchement.
Les conséquences de l’épisiotomie sont largement minimisées par certains et sacrément exagérées par d’autres. Difficile de trouver le juste milieu !
Vous trouverez tout type d’informations contradictoires à ce sujet.
Alors gardez en tête les indications et les risques de complications, pesez le pour et le contre et faites un choix éclairé.

Le point du mari

C’est une des principales raisons pour lesquelles l’épisiotomie est décrite comme une violence obstétricale.
Le point du mari est une technique qui consiste à rajouter un ou deux points supplémentaires après une épisiotomie dans l’objectif de réduire l’orifice vaginal. Cette barbarie a pour but d’augmenter le plaisir de l’homme pendant l’acte sexuel d’où son nom « point du mari ».
Bien sûr cette pratique est réalisée sans consentement et sans information préalable. La femme ne se rend compte de cette mutilation que par la douleur qu’elle ressent lors des rapports sexuels. Et encore, au début, elle pense que c’est normal d’avoir mal puisqu’elle vient d’accoucher.

Alors remettons les choses dans leur contexte.
Le point du mari n’est pas une technique normale ni légale !
Si vous subissez cette violence, portez plainte à l’ordre des médecins ou des sages-femmes selon la personne qui l’a fait !

Et si je n’en veux pas ?

Selon la loi Kouchner, aucun acte médical ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé du patient. Et ce consentement peut être retiré à tout moment.
En pratique, s’il s’agit d’une urgence pour vous ou votre bébé, le gynécologue ne vous demandera pas forcément votre consentement.
Cependant, je vous conseille vivement de parler de l’épisiotomie dans votre projet de naissance. S’il vous tient à cœur de ne pas subir cette pratique, il est important d’en laisser une trace écrite.
De plus, faites une bonne préparation de votre périnée au moins le dernier mois de votre grossesse. Les massages quotidiens à l’huile de germe de blé sont très efficaces pour assouplir la zone.

« tant que l’on maintiendra le décubitus dorsal (la position allongée sur le dos, les pieds dans l’étrier), il y aura toujours des épisiotomies. Plus on met la maman sur le dos, plus on la fait pousser et plus le bébé est en souffrance fœtale, et donc plus on aura recours à l’épisiotomie »

Elisabeth Lathuille, sage-femme

Pour conclure

Donc pour répondre à l’idée reçue du jour, non l’épisiotomie n’est et ne doit pas être systématique.
Pour ma part, j’avais très peur de cette pratique avant mon premier accouchement. Pour l’éviter, je l’ai noté dans mon projet de naissance et je l’ai redit au moment de pousser. J’ai aussi massé mon périnée pendant la totalité du dernier trimestre. J’ai accouché sur le côté aussi pour éviter ça. Résultat, j’ai eu une petite déchirure qui a nécessité deux points de suture.
Je ne prétends pas être l’exemple à suivre, pas du tout. Je veux juste dire que vous pouvez choisir ce que vous voulez qu’on fasse ou ne fasse pas à votre corps.

J’espère avoir répondu à vos questions. Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à le partager.
D’ailleurs, j’aimerais connaître votre vécu sur la question de l’épisiotomie. L’avez vous vécue ? Racontez nous ça en commentaire ou par message si vous préférez rester anonyme.


A demain pour l’idée reçue numéro 24 !

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