Avant Propos

Bonsoir et bienvenue pour l’idée reçue numéro 19 de mon challenge « 30 jours pour démystifier la périnatalité et la parentalité ». C’est le dernier article de ma semaine sur l’allaitement. On va parler de la compatibilité entre allaitement et travail.

De nombreuses mères décident de sevrer leur bébé à 2 mois en prévision de la reprise du travail. Pour beaucoup d’entre elles, il y a souvent un manque d’information par rapport à leurs droits en matière d’allaitement. Parce que oui vous avez des droits. Pour d’autres c’est la difficulté d’allier travail et allaitement.

C’est vrai que c’est une organisation à mettre en place. Mais c’est tout à fait gérable.

Qu’en dit le code du travail ?

« Pendant une année à compter du jour de la naissance, la salariée allaitant son enfant dispose à cet effet d’une heure par jour durant les heures de travail. »

Article L1225-30 du CODE du travail

D’autres dispositions sont prévues pour faciliter l’allaitement au travail. La salariée peut choisir soit d’allaiter son enfant sur son lieu de travail (si un lieu adapté est disponible) ou à proximité directe (ex: crèche d’entreprise). Soit de tirer son lait.

Dans un cas comme dans l’autre, cette heure doit être divisée en deux périodes . Cet horaire doit être choisi d’un commun accord entre l’employeur et l’employée. À défaut, ce sera au milieu de chaque demi-journée.

De plus, un local doit être mis à disposition de la salariée dans le cas des entreprises de plus de 100 salariés.

Attention ! Cependant cette heure n’est pas rémunérée. En effet elle n’est pas considérée comme du temps de travail effectif bien qu’il y ait jurisprudence à ce sujet…

… contrairement à la jurisprudence française en vigueur, la convention 183 de l’OIT, adoptée en 2000 (votée alors par la France, mais toujours pas ratifiée), dit que  » les pauses ou la réduction journalière du temps de travail doivent être comptées comme temps de travail et rémunérées en conséquence « .

lllfrance.org

Et en pratique comment ça se passe ?

En pratique, il suffit d’un peu d’organisation pour que tout roule.

Tout d’abord sachez que tous les bébés ne réagissent pas de la même manière lorsqu’ils sont gardés. En effet, certains vont accepter de manger sans souci quand d’autres préféreront attendre le retour de maman. Dans ce deuxième cas, préparez vous au mode koala parce qu’il va se rattraper.

Mon fils vivait très bien la période de séparation. Mais il mangeait que le strict minimum (environ 90ml de lait sur une période de 12h). Par contre dès qu’il me voyait rentrer le matin il se mettait à hurler. Et ce, jusqu’à ce qu’il ait le sein en bouche et c’était parti pour un marathon de tétées.

Ensuite, à vous de choisir si vous préférez tirer votre lait ou un allaitement mixte. Personnellement j’étais contre les laits artificiels. Mon fils est né au même moment que le scandale Lacta*** ça refroidi un peu! Et puis je tirais de supers quantités.

Quelle que soit votre préférence en matière d’allaitement au travail, la règle d’or est : À la maison c’est tétées à la demande. Ainsi vous devriez conserver une bonne lactation.

Ça semble tout de même compliqué !

C’est vrai qu’à expliquer ça fait beaucoup de choses à intégrer mais en pratique je n’ai pas trouvé ça contraignant.

Déjà, n’étant pas fumeuse, je ne prends pas de pause cigarette. Et bien ma session tirage était ma pause cigarette à moi, j’étais tranquille à penser à mon bébé, regarder des photos, remplissant mon réservoir d’ocytocine.

Ensuite, je ressentais une sorte de fierté toute maternelle lorsque je ressortais avec mes deux biberons pleins de lait pour mon bébé. C’était mon instant narcissique à moi 😅

Mon plus grand bonheur, c’était les retrouvailles avec mon bébé. Ce festival de câlins après une séparation de plusieurs heures était magique !

Mon premier enfant a très bien vécu les séparations donc c’est vrai que c’était assez facile pour moi de combiner allaitement et travail. Il avait une super capacité d’adaptation. Je vais être complètement transparente et vous avouer que j’ai trouvé ça plus compliqué avec ma fille.

Les failles

Je vais maintenant parler des difficultés que j’ai pu rencontrer. Pour commencer, ma fille refusait tout ce qui n’était pas mon sein. À partir de là, c’était très compliqué de la nourrir en mon absence.

Ça peut être un gros frein pour vous car savoir que votre enfant ne mange pas pendant votre absence est une vraie source d’angoisse. Alors qu’on sait bien qu’un enfant ne se laissera pas mourir de faim. Malgré tout, c’est dur.

Ça peut être compliqué aussi pour la personne qui garde votre enfant. Autant, si c’est le conjoint ou un grand parent, c’est plus facilement accepté. Si c’est une assistante maternelle ou une crèche, ça risque de se compliquer.

Un autre inconvénient que je note mais qui personnellement m’amusais : les fuites. Alors oui je suis bizarre parce que j’en rigolais. Mais je rigolais surtout parce que lorsque ça arrivait j’avais presque systématiquement un SMS de mon conjoint me disant que bébé mangeait. J’en ai donc décrété que j’étais en bluetooth avec mon bébé puisque j’avais ma montée de lait au moment exact où il réclamait.

Pour conclure

Alors c’est faux bien sûr, l’allaitement n’est pas incompatible avec le travail. Parce que vous avez des droits en ce sens. Mais ce n’est ni forcément très simple ni forcément de tout repos.

Pour ma part c’est une décision que je n’ai jamais regretté. Mais je pense que j’avais des avantages en tant qu’infirmière en psychiatrie et travaillant essentiellement de nuit. Pour ma fille, je travaillais en horaire de journée et je trouvais ça déjà bien plus difficile. Et je ne pense pas que ce soit dû uniquement au fait qu’elle refusait mon lait ailleurs qu’au sein.

Voilà, j’espère vous avoir un peu éclairé sur l’allaitement au travail. Dans tous les cas, rappelez vous que ce choix vous appartient .

J’espère que cet article vous a plu. Si c’est le cas, n’hésitez pas à le partager 😉 À demain pour la suite de mon challenge !

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2 Comments

  1. Allaitement et travail c’était mon angoisse avant même d’être enceinte. Je me suis bien renseignée et finalement j’ai tirer mon lait plus d’un an pour mon aîné. J’avoue que j’avais des conditions idéales : un bureau privé avec une prise électrique, un réfrigérateur et je gérais mon planning à ma guise. La reprise du travail ne signifie pas la fin de l’allaitement 🙂

    1. Super expérience, merci de montrer que travailler et allaiter c’est possible ! C’est vrai que les conditions étaient tip top et c’est génial quand ça se passe comme ça.

Et vous, qu'en pensez-vous?

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