Avant Propos

Bienvenue pour le 25eme jour de mon challenge « 30 jours pour démystifier la périnatalité et la parentalité ». Aujourd’hui on va parler de plusieurs sujets en un autour d’une idée reçue bien répandue : l’accouchement est une vraie torture !
Comme on a pu le voir ces derniers jours, chaque accouchement est différent. Que ce soit au niveau du vécu physique ou émotionnel. Et ce vécu émotionnel est vraiment propre à chaque femme en fonction de son histoire de vie.

La douleur

La douleur se définit comme une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable liée à une lésion tissulaire réelle, potentielle ou décrite en ce termes par le patient. Cette définition démontre plusieurs points.
La douleur est subjective, personnelle. Seul le patient sait ce qu’il ressent ! Elle n’est pas seulement sensation mais touche aussi à l’émotionnel. La gravité de la lésion n’a pas d’incidence sur l’intensité de la douleur puisque cette dernière peut survenir sans lésion tissulaire.

La douleur de l’accouchement

On ne va pas se mentir, accoucher ça fait mal ! Mais il y a des douleurs dues à l’accouchement et des douleurs induites par les circonstances de l’accouchement.

Les douleurs dues à l’accouchement

Si on reprend l’article sur le déroulement d’un accouchement voie basse, on peut voir que selon les phases les douleurs sont plus ou moins intenses. Normalement, elles vont crescendo pour atteindre leur paroxysme en phase de transition. Et là je dis normalement car le vécu est complètement différent d’une femme à l’autre. Ainsi, une de mes amies, mère de trois enfants n’a jamais ressenti la moindre douleur lors des contractions pour aucun de ses accouchements. Alors que pour ma part, j’ai probablement percé les tympans de mon conjoint avec mes hurlements lorsque j’ai accouché de ma fille sans péridurale. La position de votre bébé va énormément jouer aussi sur votre vécu douloureux.

Il y a deux moments qu’une grande majorité des mères connaissent pendant leur accouchement sans péridurale.


La phase de désespérance

C’est une phase qui précède de peu l’expulsion du bébé. A ce moment, la future mère vit une forte décharge hormonale (catécholamine et adrénaline) destinée à la mettre en condition pour pousser. Cette phase porte très bien son nom car c’est souvent à ce moment que la future mère perd pied. Elle a la sensation qu’elle n’y arrivera pas, que la douleur n’est plus supportable. Il faut dire qu’il n’y a quasiment pas de temps de récupération entre deux contractions. Difficile d’entrer dans sa bulle dans ces conditions. La phase de désespérance est quasiment systématique mais ressenti à une intensité plus ou moins forte.
Quand j’ai accouché de mon fils, je ne l’ai pas du tout ressentie mais j’étais sous péridurale. Donc même si ma péridurale ne me soulageait que d’un coté, je gérais très bien ma douleur et tout s’est passé dans le calme. Je n’ai pas eu de péridurale pour ma fille, pas de phase de latence ni de phase active en fait. Je suis passée de rien à la phase de transition et là la phase de désespérance était intense !

Le cercle de feu

C’est le nom donné à cette sensation de brûlure intense lorsque la tête du bébé sort. En fait, les tissus sont étirés au maximum à ce moment pour laisser sortir bébé, d’où cette sensation de bruler. Rassurez-vous, cette sensation est extrêmement fugace car presqu’au même moment votre bébé sera dans vos bras. Et à ce moment, on oublie toutes les douleurs.

Les douleurs induites par les circonstances de l’accouchement

Je vais commencer par parler des douleurs induites par l’état psychique de la mère lors de l’accouchement. Ainsi, si la mère ne se sent pas en sécurité que ce soit physique ou affective, ses douleurs vont être largement amplifiées.
Les douleurs peuvent aussi empirer en fonction de votre posture, c’est pourquoi il est important de vous mobiliser tout au long de l’accouchement.

L’expression abdominale

L’expression abdominale correspond à l’application d’une pression sur le fond de l’utérus dans l’objectif de raccourcir la durée de la 2ème phase de l’accouchement. La deuxième phase va de la dilatation complète du col à la naissance de l’enfant par les voies naturelles.

Longtemps banalisée, cette technique est rarement notée dans le dossier de la future maman malgré son usage courant. Pourtant, elle n’est pas sans risques et très traumatique.

Il n’y a pas d’indications médicalement validées pour réaliser une expression abdominale.
Le vécu traumatique des patientes et de leur entourage et l’existence de complications, rares mais graves, justifient l’abandon de cet usage.

Dans les situations qui nécessitent d’écourter la 2ème phase de l’accouchement, le recours, en fonction du contexte clinique, à une extraction instrumentale (forceps, ventouse obstétricale, spatules) ou à une césarienne est recommandé.

Si une expression abdominale est pratiquée malgré les recommandations précédentes, elle doit être notée dans le dossier médical de la patiente par la personne en charge de l’accouchement, en précisant le contexte, les modalités de réalisation et les difficultés éventuellement rencontrées.

has-sante.fr

Comme vous pouvez le constater dans cette longue mais importante citation de l’HAS, l’expression abdominale n’est plus une technique autorisée et ce, depuis 2007. C’est une technique extrêmement douloureuse pendant mais aussi après l’accouchement. En effet, les douleurs peuvent persister longtemps et pour cause, les complications potentielles peuvent être graves.
Parmi elles, on peut noter des douleurs et ecchymoses abdominales persistantes. Plus rarement, peuvent se produire des fractures de côtes ou des lésions périnéales. Exceptionnellement cela peut aller jusqu’à la rupture de rate, hépatique ou utérine voire une déchirure du pédicule lombo-ovarien.

Je ne pouvais pas ne pas parler de l’expression abdominale en abordant la douleur car c’est une pratique encore trop courante et ce n’est pas normal !

Wouah, ça fait peur tout ça !

Alors oui, mon article ne vend pas du rêve. L’accouchement fais mal c’est comme ça depuis la nuit des temps. Cependant, ce qui n’existe pas depuis la nuit des temps ce sont toutes ces nouvelles techniques pour aider à gérer cette douleur. Dans l’article d’hier, on parlait des différentes techniques de préparation à la naissance. Que ce soit la sophrologie, l’hypnose, l’eutonie, l’haptonomie… Ces séances vous donnent des techniques très efficaces pour lutter contre la douleur. Je vais maintenant prêcher pour ma commune mais faire appel à une consultante en périnatalité c’est s’offrir les clés pour un accouchement au top. Enfin, bien que l’accouchement soit douloureux, sachez que vos hormones font super bien leur travail et qu’on « oublie vite ».

Pour conclure

Et si on pouvait donner naissance sans douleur mais sans péridurale ? Je vous propose d’aller plus loin en visionnant cette vidéo sur la naissance orgasmique. Et oui, certaines femmes peuvent ressentir un plaisir intense lors de la mise au monde de leur bébé, ça fait rêver non ?

J’espère que mon article vous aura plu, je vous invite à le partager et à le commenter.
Et vous, comment avez-vous vécu les douleurs de l’accouchement ? Et si vous n’avez pas encore accouché, comment l’appréhendez vous ?

You may also like...

Et vous, qu'en pensez-vous?

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :