Avant Propos

Bienvenue pour l’idée reçue numéro cinq de mon challenge « 30 jours pour démystifier la périnatalité et la parentalité ». Aujourd’hui, on parle de la césarienne.

Chaque femme enceinte possède sa vision personnelle de l’accouchement parfait. Moi par exemple, j’ai toujours rêvé d’un accouchement totalement naturel. C’est à dire sans aucune médicalisation et en mode « Bisounours » donc sans douleur, rapide et entourée d’une bulle d’amour (on à la droit de rêver). Dans la réalité, j’ai eu un premier accouchement médicalisé (grossesse pathologique oblige) et un deuxième accouchement peu médicalisé mais d’une grande violence.

La césarienne c’est quoi au juste ?

La césarienne est une intervention chirurgicale qui permet l’accouchement par incision de l’abdomen et de l’utérus. Cette intervention se déroule le plus souvent sous analgésie péridurale. Ceci, afin que la maman puisse assister en pleine conscience à la naissance de son enfant. Il y a deux types de césarienne : en urgence ou programmée.

La césarienne en urgence intervient le plus souvent après l’échec d’une tentative d’accouchement par voie basse ou lorsque le travail se déclenche avant la césarienne programmée.

La césarienne peut être programmée pour plusieurs motifs : si des difficultés dans le déroulement de l’accouchement sont à prévoir ou si l’accouchement par voie basse s’avère impossible (placenta accreta ou placenta praevia par exemple). Il y a aussi possibilité de programmer une césarienne dite « de confort ».

Recommandations HAS sur la césarienne sur demande:
« Votre médecin doit vous proposer un accompagnement personnalisé, en particulier identifier les raisons
spécifiques à votre demande (par exemple : peur de l’accouchement par les voies naturelles,
crainte de la douleur, ou expériences précédentes traumatisantes). Il doit en discuter avec vous
en fonction des bénéfices et des risques associés à la césarienne programmée.
Ces échanges devraient aboutir à une « décision partagée ».
Votre médecin peut refuser la réalisation d’une césarienne sur demande. Il doit alors vous
orienter vers un de ses confrères. »

HAS-SANTE.FR
Avantages de la césarienne

Pour celles qui choisissent de faire naître leur enfant par césarienne, leur premier avantage est qu’elles peuvent aborder leur grossesse plus sereinement sans craindre un accouchement qu’elles ne désirent pas. Un autre avantage est que statistiquement parlant, l’accouchement par césarienne est plus sûr pour bébé que l’accouchement par les voies naturelles. Bien que selon moi (et cet avis n’engage que moi) ces statistiques sont un peu tronquées dans le sens où le nombre de naissances par césarienne s’élève à 20% des naissances…

Parlons maintenant d’avantages pratico-pratiques. Une césarienne programmée c’est moins de stress pour la préparation, vous avez une date donc vous pouvez vous organiser. Il n’y a pas un temps interminable entre les premières contractions et le moment de la rencontre tant attendue. Et d’ailleurs, pas de douleurs de contractions du tout (le pied !) ! Vous n’aurez pas de déchirure ou épisiotomie. Pas de douleurs intimes qui vous donnent la phobie d’aller faire pipi (n’ayez pas peur, ça ne dure pas et je vous promet que ça en vaut la peine).

Ces avantages que j’appelle pratico-pratiques sont ceux que j’avais listé lorsqu’on m’a dit que je risquais la césarienne. Ma fille qui n’avait pas envie de se positionner correctement, et moi, la césarienne, rien que d’y penser j’en pleurais ! J’avais donc besoin d’y trouver des avantages et avouez que ceux-là, ils sont cools !

Les désagréments

Comme toute intervention chirurgicale, la césarienne comporte des désagréments. Le plus important est la douleur qui peut durer jusqu’à guérison de l’utérus et de l’abdomen. Les premiers temps après l’intervention, la maman peut avoir besoin d’aide pour les soins au bébé. De plus, comme il s’agit de chirurgie, tous les risques post-opératoires sont valables (infectieux, hémorragique, thrombo-embolique). Les lochies (saignements après l’accouchement) durent plus longtemps et sont plus intenses.

« Globalement, les suites de la césarienne sont clairement plus difficiles, plus risquées et plus longues que l’accouchement par voie naturelle. Ce sont 48h de suites de naissance plus pénibles avec un phénomène de ballonnements par exemple. La cicatrice sur l’utérus peut aussi poser problème pour les futures grossesses. » souligne le professeur Tournaire.

source : MAGICMAMAN.COM

L’impact psychologique n’est pas non plus à négliger après une césarienne. Dans beaucoup de maternité, les 2h de surveillance post-interventionnelle se passent en salle de naissance. Maman a donc la possibilité de rester avec bébé et ça se passe comme une naissance par voie basse. Dans d’autres maternité, la surveillance se passe en salle de réveil et là, la maman ne peut pas voir son enfant pendant ses deux premières heures de vie ce qui peut être vécu comme un réel traumatisme.

Ma maman a eu deux enfants, deux césariennes programmées car impossibilité d’accoucher par voie basse. Deux anesthésies générales où elle s’est endormie enceinte et réveillée sans bébé ni dans le ventre ni près d’elle. L’eau a coulé sous les ponts depuis mais elle en parle encore très clairement, c’est ancré.

Que pensez-vous de la réponse ?

Après tous ces détails sur la césarienne, pensez-vous que ce soit une solution de facilité ? Personnellement je dirais un énorme FAUX pour cette idée reçue.

Je rajouterai que la césarienne qu’elle soit nécessaire ou de convenance, n’a pas à être jugée. Chaque femme possède SA vision de SON accouchement idéal et ça lui appartient. L’important dans l’histoire est de savoir accompagner la future mère vers sa maternité en toute bienveillance.

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4 Comments

  1. clairedoulanaissance

    Michel Odent pense que du point du vue du bébé, il vaut mieux une césarienne en travail qu’une césarienne programmée.
    Mais tu fais bien d’en parler, les femmes doivent pouvoir choisir sans culpabiliser!
    En revanche, j’aurais aimé que tu abordes l’AVAC dans les désagréments, ou plutôt le fait que beaucoup y soient hostiles. Et du fait que souvent, on ne permet pas aux mamans d’allaiter malheureusement…

    1. Merci pour ton commentaire Claire 😊 en effet une césarienne en travail est mieux du point de vue du bébé car il est déjà prêt à venir au monde, son adaptation est donc « facilitée » comparée à une césarienne programmée où des fois, l’adaptation est compliquée notamment d’un point de vue respiratoire.
      En ce qui concerne l’avac et l’allaitement, ce sont deux sujets bien spécifiques que je veux traiter à part et non en réponse à une idée reçue 😉

  2. J’ai eu une césarienne d’urgence et malgré les explications de la sage femme non seulement je ne m’y attendais pas mais je n’étais pas non plus bien préparé. La description de la sage femme était suscinte. Heureusement depuis 12 ans, il me semble que les choses ont évoluées. Je me souviens de cette image: l’impression d’être un sac de papates que l’on vidait en appuyant fortement du sternum au haut du ventre pour mon bébé. J’ai juste aperçu mon bébé un bref instant sans pouvoir le tenir dans mes bras pendant qu’on m’emmenait en salle de réa. J’ėtais entourée de vieux, plutôt incongru après un tel événement. J »ai du passer chez l’ostéo car 2 vertèbres ont été déplacé.

    1. C’est dur ce que tu as vécu Pauline, merci de le partager ici. Ce que tu as subi s’appelle l’expression abdominale, cette pratique est interdite depuis 2007 mais malheureusement reste encore appliquée à bien des femmes.

Et vous, qu'en pensez-vous?

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