Parentalité

S’il peut monter et descendre les escaliers, il est prêt pour la propreté

Avant propos

Bienvenue pour l’idée reçue numéro 11 de mon challenge « 30 jours pour démystifier la périnatalité et la parentalité ».

Nous vivons dans un monde plein d’exigences avec des objectifs de rendement assez impressionnants. Les enfants ne font pas exception à cette règle. Dès le plus jeune âge, on a tendance à leur imposer une ligne de conduite pour qu’ils puissent répondre aux normes sociales.
L’acquisition de la « propreté » est un vaste sujet dans cette ligne de conduite. Avec la pression de l’entrée à l’école, il y a une échéance à respecter, le compte à rebours a commencé.

La continence c’est quoi ?

S’il peut monter et descendre un escalier, c’est que ses muscles sont prêts à retenir et pousser. L’acquisition de la propreté dépend en partie de cette maturité physique, qui doit se doubler d’une maturité psychologique. L’enfant doit en effet comprendre l’intérêt de la propreté et exprimer le désir d’être autonome sans ressentir sans cesse de pression.

FraNçoise dolto

Notre culture occidentale à tendance à faire un amalgame entre propreté et continence. Car ce qui sort du corps est automatiquement considéré comme sale et de ce fait, la continence est renommée à tort la propreté.

La continence donc, est l’acquisition du contrôle sphinctérien. Les sphincters sont les muscles qui permettent de contrôler l’ouverture de la vessie et de l’anus. Mais c’est aussi une maturation psychique car le physique ne va pas sans le psychique.

Et pour l’enfant ça veut dire quoi ?

Dans la majorité des cas, l’acquisition de la continence se fait entre 2 et 3 ans. Au delà du critère de l’âge, l’enfant n’acquiert la continence que lorsqu’il se sent prêt dans son corps ET dans sa tête. Et il est important de ne pas le brusquer car ça peut entraîner des blocages.

L’enfant sait très bien montrer lorsqu’il se sent prêt. Et c’est là que vous allez entrer en jeu. Aux premiers signaux, vous pouvez commencer à l’accompagner tranquillement vers son acquisition. Dans la majorité des cas, il sera continent la journée avant de l’être la nuit. Simplement parce que la nuit on a tendance à relâcher le corps et comme l’acquisition est encore récente les sphincters se relâchent pendant le sommeil.

Mon expérience

À 10 mois, ma fille a commencé à réclamer à aller sur les toilettes. J’ai voulu lui proposer le pot mais non, elle voulait les toilettes parce que son grand frère y allait. Depuis, elle a une véritable vénération des toilettes. Elle n’est pas encore continente mais elle va aux toilettes avec plaisir, elle m’apporte une couche propre quand elle est mouillée, elle me montre son ventre et nomme son besoin.

Mon fils a toujours préféré utiliser le pot comme chapeau ou comme siège pour regarder la machine à laver tourner (oui c’est super génial une machine qui tourne). Lorsqu’il a eu un réducteur de toilettes, tout s’est débloqué. Et lorsqu’il a constaté que ses copains de crèche allaient aussi sur les toilettes, il est devenu continent. D’abord la nuit vu qu’on n’aime pas les cases dans la famille…

Comment accompagner l’enfant ?

Pour commencer, il faut faciliter les choses à l’enfant. Car s’il doit mettre 5 minutes à se déshabiller à chaque fois, c’est l’accident assuré et la frustration qui va avec. En effet, au début de l’acquisition de la continence, l’enfant va vraiment ressentir son besoin au dernier moment. Des accidents, il y en aura et c’est important de rassurer l’enfant à ce sujet ou il risque de se bloquer et régresser.

Donc, il faut lui mettre une tenue qui se retire facilement, privilégier les couches culottes qu’il peut descendre et remonter à sa guise. Lui mettre le pot ou le réducteur ou marche-pied à disposition.

Ensuite, il faudra lui proposer régulièrement au début. Pour qu’il s’habitue à la présence du pot ou du réducteur, qu’il se sente sécurisé. Ces propositions régulières lui permettront aussi d’assimiler ses sensations à des besoins d’élimination. Certains enfants peuvent avoir des difficultés à laisser partir leurs selles car ils ont l’impression de laisser partir une partie d’eux. C’est également pour cette raison que de nombreux enfants jouent avec leurs déjection, ils s’approprient leur corps.

Et pour le reste de l’accompagnement…. Et bien c’est tout. Laissez lui faire le reste du chemin, en restant disponible et ça viendra tout seul.

La réponse…

Une fois n’est pas coutume, la réponse est à nouveau nuancée et se trouve dans la citation de Françoise Dolto. En effet, un enfant qui sait monter et descendre les escaliers a la capacité physique de maîtriser ses sphincters mais il n’a pas forcément la disposition psychique à le faire. Parce qu’on ne peut pas tout apprendre en même temps et que nos loulous ont le cerveau qui fonctionne à 100000 à l’heure, laissons leur le temps d’être prêts.

You may also like...

Et vous, qu'en pensez-vous?

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :