Avant Propos

Lors de ma première grossesse, j’ai eu peu d’envies au départ. Mais je me souviens que les frites et le KFC, j’en aurait mangé sur la tête d’un pouilleux ! Notez bien qu’en règle générale, je n’aime pas le KFC, la grossesse change les goûts.
Je me suis mise subitement à adorer le jus de pamplemousse et les tomates séchées. En fin de grossesse, c’était les tartelettes aux fruits.

Et pendant tout ce temps je n’étais pas la seule à avoir des envies ! Oui, Oui, Chéri a mangé des olives et des cornichons en quantité industrielle ! Des envies irrépressibles presque pires que les miennes !

La couvade dans l’histoire

Il faut savoir que la couvade existe depuis la nuit des temps. Ce ne sont pas seulement des symptômes un peu drôles qu’on repère chez le papa. D’ailleurs quand on parle de syndrome de couvade ça va bien au delà de ça.

Parlons donc un peu d’anthropologie. Dans le dictionnaire, quand on cherche la définition de la couvade, on y trouve essentiellement son histoire.

« …une coutume, d’abord observée dans le Pays basque médiéval, où un futur père, peu avant l’accouchement de sa femme, se met au lit, imite la grossesse et se plaint des douleurs de l’enfantement, tandis qu’on lui accorde le traitement des femmes en travail »

livre: La couvade, ou le père bouleversé (roberte laporal, 2015)

Une coutume rencontrée dans certaines sociétés, où, après l’accouchement, le père joue le rôle social de la mère et est au centre des réjouissances.

Larousse

Donc comme vous pouvez le lire dans les deux citations ci-dessus, la couvade est à la base une coutume destinée à impliquer le père dans la grossesse. Ainsi, une fois que la femme avait accouché, le père s’allongeait dans le lit, prenait l’enfant et recevait les félicitations et compliments de l’entourage.

Je me dois de vous avouer que si mon conjoint avait osé faire ça ! Après que j’ai poussé au delà de mes forces pour sortir son fils de mon intimité … Il aurait eu des problèmes ! Ca ne lui serait même pas venu à l’esprit heureusement.

Attendez, ce n’est pas fini !

Maintenant, revenons en à l’histoire car il n’y a pas qu’en Pays Basque Médiéval qu’on parlait de couvade. Je vous emmène faire un petit tour en avion direction la Chine ! Vous vous souvenez du Mois d’Or ? J’en parlais dans cet article, les quarante premiers jours qui suivent la naissance sont très importants en médecine chinoise.

Et ce fameux Mois d’Or est intrinsèquement lié à la couvade en Chine ! Ainsi, les hommes devaient rester couchés les quarante jours du Mois d’Or sans se lever sauf pour les nécessités. L’entourage venait le voir et demeurait avec lui.
Jusque là pas trop de différence avec le Pays Basque Médiéval.
Mais c’est le motif qui fait toute la différence. Cette couvade avait lieu parce que la femme a enduré de grandes fatigues à porter l’enfant en son ventre pendant neuf mois et en lui donnant le jour, si bien que le mari doit avoir sa part de peines ! Et parce qu’elle ne doit pas en endurer encore de tout ce terme de quarante jours excepté pour nourrir son enfant.

Alors oui, vu comme ça, j’aurai peut être mieux accepté que Chéri me pique mon lit mais j’avoue que de ne voir mon bébé que pour l’allaiter, je n’aurai jamais supporté ! En bonne maman louve, mon bébé reste près de moi.

D’accord on a vu l’histoire mais maintenant ?

Maintenant parlons du syndrome de la couvade ou plus scientifiquement la grossesse sympathique du papa.
C’est un phénomène psychosomatique qui se présente pendant la grossesse.

Le papa va ressentir des symptômes physiques ou psychiques de grossesse. Envies et fringales, nausées, vomissements, hypersensibilité, douleurs lombaires … Le futur père peut présenter des dérèglements hormonaux tels qu’une baisse de la testostérone, une augmentation de la prolactine et du taux d’œstrogènes.

Pourquoi je parle de psychosomatique ? Parce qu’il n’y a pas d’autre explication. Le syndrome de couvade se présente le plus souvent chez des pères de premier bébé qui ont envie d’être le plus impliqués possible dans la grossesse. Ils s’impliquent tellement forts qu’ils en deviennent « enceints » à leur tour.

C’est ce qui s’est passé chez moi en tout cas. Lors de ma première grossesse, c’est là que chéri a présenté des symptômes de couvade. Il était hyper impliqué dans cette grossesse et l’a donc complètement vécue. Pour ma deuxième grossesse, rien de rien. Pourquoi ? Parce que comme beaucoup d’hommes, il estime qu’une fois qu’il a vécu une grossesse il connait.

Attention, je ne casse pas du sucre sur le dos des hommes. C’est juste que sur ce point, hommes et femmes sont diamétralement opposés. Simplement parce qu’ils ont beau faire la couvade, ils ne portent pas le bébé et ne peuvent pas imaginer à quel point deux grossesses peuvent être différentes.

Des solutions pour éviter la couvade ?

Et bien non pas vraiment de solution pour l’éviter puisque c’est essentiellement déclenché par une volonté du futur père de s’impliquer dans la grossesse.
Par contre il peut y avoir des solutions pour mieux la vivre.

Parler à la future maman. Ca parait évident mais on n’y pense pas forcément de façon systématique. Pourtant, en lui communiquant vos ressentis, peut être pourriez vous mettre en place ensemble des rituels vous permettant de vous sentir plus acteur de sa grossesse.

Soyez acteur de la grossesse : Participez aux cours prénataux, aux échographies, préparez la chambre du bébé, organisez le post-partum.
Connaissez vous l’haptonomie ? C’est une technique de préparation à la naissance qui consiste à entrer en communication avec bébé, par le toucher, la voix … Cette méthode est très efficace pour vous sentir totalement impliqué dans la grossesse car vous communiquez en direct avec votre bébé. Ces moments renforcent aussi votre lien de couple.

En dehors de l’haptonomie, vous pouvez tout de même entrer en communication avec bébé en caressant régulièrement le ventre de votre compagne, parlez lui aussi. Saviez-vous que l’ouïe est le premier sens que votre bébé développe in-utero ? Ca vaut le coup d’en tirer partie non ?

Et si vous avez des envies et des fringales qui vous occasionnent une prise de poids, essayez de changer vos habitudes alimentaires. La naissance d’un enfant est souvent un déclencheur chez les jeunes parents. Quand on commence à diversifier bébé, on apprend à manger équilibré. Bah oui, il faut bien donner l’exemple ! Et bien si vous commenciez avec quelques mois d’avance ?

Pour conclure

Alors voilà, la couvade c’est plein de choses. Du rituel culturel au phénomène psychosomatique. Tous les futurs pères ne sont pas concernés mais quand ils le sont, c’est inévitable et il faut composer avec. Un peu comme la grossesse finalement 😉 Et vous savez quoi ? La plupart des femmes adorent que leur chéri fasse une couvade ! Déjà parce qu’elles se sentent moins seules dans leurs envies farfelues et leur prise de poids. Mais aussi parce que c’est une preuve « visuelle » que le futur papa est totalement impliqué dans la grossesse.

Alors messieurs, vous connaissez la couvade ?

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2 Comments

  1. Super article ! Je ne connaissais pas du tout le risque de la couvade et je trouve ça bien de dédramatiser la chose. Il y a aussi des solutions apporter pour l’éviter. Ca pourra m’être utile au cas où.

  2. C’est dingue! Je ne connaissais pas ces traditions !

Et vous, qu'en pensez-vous?

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