Avant-Propos

« Couvrez ce sein, que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées. Et cela fait venir de coupables pensées. »

Molière, Tartuffe

Je ne peux pas commencer cet article sans citer Molière. Il a très justement su dénoncer cette hypocrisie puritaine qui fait défaut à notre société.

En Mai, fais ce qu’il te plaît ! Mais ça n’inclus pas de pouvoir nourrir son enfant librement apparemment.
Je suis obligée de réagir à ces évènements. Parce que même s’il s’agit de minorités, ça m’a profondément choquée.
Ici, je vais vous parler de liberté, de respect, de tolérance. Parce qu’il me semble que notre société est suffisamment évoluée pour connaître ces valeurs fondamentales.

J’ai envie de vous faire part de mon point de vue et de ma tristesse. Ma tristesse d’entendre une amie me parler de son stress de partir en Week-End juste parce qu’elle à peur d’allaiter en public !

Mais que s’est-il passé ?

Pendant ce mois de Mai, une jeune Maman bordelaise a reçu une gifle alors qu’elle allaitait son bébé dans la rue. Autour, ignorance, inaction ou encore félicitations envers l’agresseuse. Au commissariat, le policier qui demande à la maman à quel pourcentage sa poitrine était découverte ? Ah parce qu’en plus de se faire frapper elle va se faire accuser d’exhibitionnisme ?

Au mois de Mars de cette année toujours, c’est en Martinique qu’une maman a reçu un coup de poing lui fracturant l’orbite. Elle allaitait sa fille « en public », penchée en avant dans sa voiture.

Je ne vous parle que des agressions physiques mais les remarques incessantes sont le lot quotidien de nombreuses mères allaitantes.

Ce qui me choque

Ce qui me choque dans tout ça c’est qu’au delà de la violence physique, on s’attaque encore et toujours à la liberté individuelle et à la satisfaction des besoins primaires de l’enfant.
Ca ne viendrait à l’esprit de personne de frapper quelqu’un dans la rue parce qu’il boit un chocolat chaud. Et d’ailleurs ça ne vient à l’esprit de personne de frapper un homme qui urine contre un mur !

Alors pourquoi une femme qui allaite son enfant doit être la cible de toute cette haine ? Est ce qu’il vaudrait mieux laisser l’enfant hurler de faim jusqu’au retour à la maison ? Ou tout simplement ne plus sortir de chez nous à partir du moment où on allaite ?
Pourquoi ne redonne-t-on pas au sein sa fonction première qui est nourricière ? Et oui, ce ne sont pas des jouets sexuels à la base. La femme est dotée de sein pour nourrir sa tribu.

Pourquoi dans nos pays développés sortir son sein est considéré comme de l’exhibitionnisme alors que dans les pays pauvres on ne sexualise pas cet acte d’allaiter ? Pourquoi ? Mais Pourquoi ? Et Pourquoi ?…

Suis-je une des rares chanceuses ?

Quand je vois tous ces évènements, ça a plutôt tendance à me choquer profondément car je n’ai pas vécu tout ça. J’ai allaité mes deux enfants jusqu’au sevrage naturel (enfin plutôt induit par la grossesse pour mon grand) et j’en suis fière. Je les ai allaité à la demande, quel que soit le lieu, le moment, ils avaient faim, je les nourrissais. Sans me poser aucune question en fait, c’était fait naturellement.

Le peu de personnes dont j’ai croisé le regard lorsque j’allaitais en public était plutôt sympathiques, jamais je n’ai eu de remarque déplacée ni de reproches. Alors suis-je une des rares chanceuses qui a réussi à passer entre les mailles du filet du jugement dernier ?

Le jugement des autres

Le problème à mon sens c’est que l’être humain n’arrive pas à s’empêcher de juger. Mais juger pourquoi faire ? Pourquoi ne pas se contenter de profiter de nos vies à nous plutôt que d’empiéter sur la vie des autres ?
Au delà de ces situations par rapport à l’allaitement dans des lieux publics, il y a un tas de situations qui provoquent le jugement.

Parce qu’une femme qui sort son sein en public va se faire critiquer mais une femme qui donne le biberon en public va aussi subir des remarques désobligeantes. Et bien oui, elle n’utilise pas ce que la nature lui a donné pour subvenir aux besoins de son enfant… C’est le serpent qui se mord la queue.

Si on changeait tout ça ?

A ma petite échelle, je n’ai aucun poids. Mais qu’importe, si chacun fait à sa petite échelle, ça finira par avoir du poids ! Si au lieu de juger on réfléchissait à comprendre les situations qui nous interpellent. Si au lieu de condamner une femme qui donne le biberon ou qui porte son enfant, dont le bébé pleure tout le temps (…), si on l’aidait ?

Alors je sais qu’avec des « si », on refait le monde en entier. Mais clairement, si toutes les personnes qui passent leur temps dans le jugement prenaient ce temps pour aider, je n’aurais pas lieu d’exister. On n’aurait ni besoin de prévention, ni d’accompagnement.

Il est grand temps que les mentalités évoluent. En ce 21ème siècle, le respect de l’autre et le non jugement devraient être des valeurs fondamentales. Alors voilà, à ma petite échelle sans poids, je compte quand même semer des petites graines de bon sens. Je compte éduquer mes enfants dans l’acceptation de l’autre quelles que soient ses croyances ou ses idéologies. Parce que c’est à nos enfants qu’on laisse ce monde, il est important de le faire le plus beau possible vous ne croyez pas ?

You may also like...

Et vous, qu'en pensez-vous?

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :